La filière lavande et lavandin

Une journée d’information sur la culture de la lavande a été organisée par le GNIS Sud-Est et son délégué régional Philippe Roux, le 12 juillet dernier. Une occasion de découvrir une filière particulièrement dynamique, qui produit une lavande de qualité et qui la distille pour en extraire de l’huile essentielle.

Cette filière a su s’adapter à la demande croissante provoquée par l’explosion du marché et s’oblige à développer un produit de qualité pour faire face à une concurrence féroce, et rester la référence dans ce domaine.

La lavande, une production typique de la Provence

En France, la lavande est cultivée sur 5 000 Ha. Elle est distillée pour produire de l’huile essentielle, une huile utilisée dans la parfumerie et l’aromathérapie. La production française dépasse les 100 tonnes par an.

Le lavandin, qui est un hybride naturel de la lavande, est également distillé pour produire de l’huile essentielle. Il est moins connu par le consommateur que la lavande, pourtant sa production est largement supérieure. Le lavandin est cultivé sur 20 000 Ha et produit 1 400 tonnes d’huile essentielle, soit 90% de la production mondiale. Cette huile est utilisé pour parfumer les lessives et les assouplissants.

La production française est concentrée sur trois départements : les Alpes de Haute-Provence, le Vaucluse et la Drôme. Elle est assurée principalement par 1 300 exploitations agricoles qui approvisionnement environ 150 unités de distillation.

L’ensemble de la profession est rassemblée dans un groupement interprofessionnel, le Comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises (CIHEF), dont le président est M. Alain Aubanel, pour qui «cette structure rend la filière plus forte face aux réglementations ou face à la concurrence».

Une filière dynamique, à la pointe de l’innovation

Cette filière est sans conteste l’une des plus dynamiques dans l’ensemble des filières agricoles françaises. En dix ans, les surfaces cultivées ont progressé de 40%, une extension réalisée essentiellement dans la Drôme. Une filière qui contribue au maintien de l’activité économique dans les régions avec 9 000 emplois directs et 17 000 emplois indirects.

Sur le plan technique, la filière lavandes et lavandins est à la pointe de l’innovation. Toutes les opérations de culture, de récolte et de distillation sont automatisée, et l’outillage régulièrement amélioré. Cet outillage spécifique a d’ailleurs été développé dans la région.

La sélection des variétés pour obtenir des plants naturellement résistants aux maladies et limiter l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, a contribué aussi au développement de cette filière, notamment dans la lutte contre le phytoplasme du stolbur, maladie véhiculée par une petite cigale.

C’est le service technique du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS) qui est en charge de la certification des plants de lavande et de lavandin. Dans ce contexte, il participe à la préservation de la qualité sanitaire des productions grâce à un suivi du respect de normes techniques strictes et précises.

Le phytoplasme du stolbur

Depuis quelques décennies, les plants de lavande et de lavandin sont sujets à un dépérissement prématuré . L’agent de ce dépérissement est le phytoplasme du stolbur, une bactérie sans paroi, véhiculée par un insecte volant, la cicadelle Hyalesthes obsoletus.

 

Une filière en harmonie avec l’environnement

La filière s’adapte parfaitement aux contraintes environnementales d’aujourd’hui, à plusieurs titres.

Historiquement, les champs de lavandes était implantés sur des terres arides et pauvres. L’expansion des cultures de lavandes, notamment dans la Drôme, se fait aujourd’hui sur ces mêmes terrains, qui ont été utilisé pendant quelques décennies pour d’autres cultures, notamment des cultures traditionnelles qui avaient des besoins en eau beaucoup plus importants. La production de lavande retrouve donc son terroir originel.

Les co-produits générés par la production de lavandes et de lavandins sont recyclés. Les pailles sont compostées ou valorisées en énergie.

Les champs de lavandes et de lavandins sont très prisés des abeilles. Les apiculteurs ont donc l’opportunité de développer une apiculture de qualité en harmonie avec les producteurs de lavande et de lavandin.

Enfin la part de l’agriculture biologique représente 12% de la filière, ce qui est une part importante.

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Date de dernière mise à jour : 08/10/2019